Atelier Géraldine Arbore à Lyon 69001 - Restauration de bois dorés - Dorure traditionnelle à la feuille d'or

Le métier de doreur

La déontologie

Mon travail ne consiste pas uniquement à dorer des objets, il s'agit de les remettre dans leur état d'origine, en respectant la déontologie du restaurateur d'œuvres d'art.
Ce qui signifie l'utilisation des techniques et des matériaux correspondant à l'époque où a été fabriqué l'objet, le consolider et le traiter en agissant ainsi sur sa pérennité, le respecter en pratiquant des opérations réversibles, savoir recréer artificiellement l'usure "naturelle" du temps qui agit sur l'objet pour faire disparaître toute trace de restauration.

 

La pose de la feuille d'or nécessite une vingtaine d'opérations préalables, le moindre défaut apparaissant lors de l'ultime étape. Chaque restauration est différente, même si les techniques sont les mêmes. En effet, c'est au restaurateur d'adapter son savoir à l'objet, et non l'inverse. Il doit toujours réduire son intervention afin de conserver le plus possible l'objet en l'état.

 

Ce sont toutes ces "contraintes" qui font pour moi l'intérêt de ce métier, ainsi que la satisfaction finale lorsque je ne distingue plus les parties restaurées des parties saines d'un objet.

Vous l'aurez certainement compris, ce métier est ma véritable passion !

 

Les principales étapes de la restauration

La consolidation :
Lorsqu’un cadre est désolidarisé (présence d’un jour important dans les angles), il s’agit de « refermer » les angles en introduisant des flippos. S’il s’agit d’un travail trop complexe, je fais intervenir un ébéniste.

Nettoyage :
Lorsque la feuille d’or est très encrassée, il faut nettoyer l’objet afin de faire apparaître les éléments à restaurer. J’utilise des produits très particuliers, que je dilue au cas par cas, avec une très grande prudence (l’application se fait au coton-tige !).
Dans tous les cas, l’objet doit être nettoyé après le ponçage, avant de commencer les étapes de finition, ce qui permet aussi de mieux voir la couleur de feuille d’or à utiliser.

Décapage :
Si l’objet à été entièrement ou partiellement repeint (à la bronzine ou avec une peinture dorée actuelle), je dois le décaper, car il est impossible de poser de la feuille d’or sur un support peint.

Préparation des surfaces :
Il s’agit de gratter, de faire sauter les anciennes restaurations, d’accentuer les fissures… afin de les reboucher.
(Les restaurations du XIXème siècle sont généralement de très mauvaises qualités).

Rebouchage :
Je rebouche les éclats, les accidents… avec le « gros blanc » (mélange de colle de peau de lapin et blanc de Meudon). Aucun produit actuel, tel que la résine, ne peut être utilisé. En effet, ces éléments ne réagiraient pas dans les années futures comme les produits utilisés lors de la fabrication de l’objet. Chaque produit restant sur l’objet après restauration doit être le même qu’à l’époque de sa conception.

Réalisation d’un moule :
Lorsque l’élément manquant est complexe, je fais une empreinte avec un silicone sur une partie saine de l’objet. S’il n’existe pas de modèle, j’exécute un moule sur un autre cadre du même style, ou un modelage respectant son style.

Réalisation d’un surmoulage :
A partir du moule, je réalise un surmoulage en « gros blanc », que je dispose sur l’objet collé à la colle de peau.

Sculpture sur bois :
Lorsqu’un élément en bois sculpté est cassé, je fais intervenir un sculpteur sur bois spécialisé dans la restauration d’objets anciens.

Apprêtage :
Sur un bois brut, j’applique un mélange de colle de peau et de blanc de Meudon plus liquide que le « gros blanc ». J’applique une dizaine de couches à chaud, avec séchage intermédiaire, et des proportions de colle différentes à chaque couche.

Adoucissage, ponçage :
Cela consiste à poncer les parties qui ont été apprêté, afin de préparer l’étape suivant : l’assiettage.

Reparure :
J’utilise des outils de taille et forme différentes (fers à réparer, fers à refendre…) afin de redonner de la finesse aux parties qui ont été empatté pendant l’apprêtage. Je peux également redessiner des motifs en reparure (ces sortes de gravures réalisés avant l’assiette).

Jaunissage des fonds :
J’applique un mélange à base d’ocre jaune dans les creux des éléments à redorer.

Pose de l’assiette à dorer :
J’applique l’assiette à dorer à chaud, en trois ou quatre couches très fines, avec séchage intermédiaire. L’assiette est composée en partie de colle de peau.

Pose de la feuille d’or à l’eau :
Je réactive la colle de peau qui se trouve dans l’assiette rouge, dans le jaunissage, dans l’apprêt… avec un mélange d’eau et de colle de peau, passé par un mouilleux (pinceau à gorge importante).
Je découpe un morceau de feuille d’or, j’approche un palet à doré légèrement gras afin d’attraper la feuille, je l’approche de l’endroit mouillé, la feuille est « aspirée » automatiquement par la zone humide. J’utilise un appuyeux (un pinceau très doux) pour appliquer les bords de feuilles.

Brunissage :
En fonction de la température, et l’hydrométrie de l’atelier, je frotte une pierre d’agathe sur les parties que l’on désire brillante (ou brunie) à un moment bien précis. Pas trop tôt (on risque d’attaquer l’assiette), pas trop tard (on risque de rayer la feuille).

Usure :
J’use la feuille nouvellement posée afin de faire disparaître les jonctions de feuille et uniformiser la dorure nouvelle et l’ancienne.

Patines :
J’encrasse artificiellement la feuille avec un mélange de différents pigments afin de ne plus distinguer les parties restaurées des parties d’origine.

 

Geraldine Arbore
100, Montée de la Grande Côte
69001 Lyon
Tel : 04 78 27 43 51
Email : contact[arobase]arbore-dorure.com

L’atelier est ouvert uniquement sur rendez-vous,
du lundi au samedi.

Mes devis sont gratuits à l’atelier, sur rendez-vous. (Il m’est indispensable de voir les objets pour la réalisation des devis).